Organiser la transmission de son patrimoine de son vivant, en toute équité, tout en maîtrisant la fiscalité : c’est la promesse de la donation-partage. Explications.

Qu’est-ce qu’une donation-partage ?

La donation-partage est un acte notarié par lequel un parent (ou un couple) répartit tout ou partie de ses biens entre ses héritiers présomptifs, le plus souvent ses enfants. Contrairement à la donation simple, elle cumule deux opérations en un seul acte : la libéralité (le don) et le partage (l’attribution à chacun de son lot).

Elle peut porter sur tous types de biens : immeubles, sommes d’argent, parts sociales, valeurs mobilières, fonds de commerce ou encore biens meubles.

L’avantage majeur : la valeur figée au jour de l’acte

C’est le principal atout de la donation-partage par rapport à la donation simple. Lors de l’ouverture de la succession du donateur, les biens transmis sont évalués à leur valeur au jour de la donation, et non à leur valeur au jour du décès. Concrètement, si vous donnez un bien immobilier estimé à 300 000 euros en 2026, c’est cette valeur qui sera retenue au moment de la succession, même si le bien vaut 500 000 euros vingt ans plus tard.

Ce mécanisme évite les réévaluations sources de déséquilibres entre héritiers et prévient bon nombre de conflits familiaux lors du règlement de la succession.

Un outil de paix familiale

En procédant au partage dès la donation, le donateur attribue à chaque enfant un lot précis. Chacun sait ce qu’il reçoit, les éventuelles compensations (soultes) sont réglées immédiatement, et l’ensemble est acté devant notaire. Cette transparence réduit considérablement le risque de contestation ultérieure entre les héritiers.

La donation-partage peut également inclure les petits-enfants dans le cadre d’une « donation-partage transgénérationnelle », permettant de sauter une génération avec l’accord de l’enfant qui renonce à sa part au profit de ses propres enfants.

La fiscalité : des abattements renouvelables

La donation-partage bénéficie du même régime fiscal que les donations classiques. En 2026, chaque parent peut transmettre jusqu’à 100 000 euros par enfant en franchise de droits. Cet abattement se renouvelle tous les quinze ans, ce qui permet, en anticipant, de transmettre un patrimoine significatif sans imposition.

Pour les transmissions aux petits-enfants, l’abattement est de 31 865 euros par bénéficiaire. Un abattement supplémentaire de 5 310 euros s’applique pour les arrière-petits-enfants. Au-delà de ces seuils, les droits de donation sont calculés selon le barème progressif habituel.

Exemple pratique : Un couple souhaite transmettre un appartement d’une valeur de 400 000 euros à ses deux enfants. Grâce à la donation-partage, chaque enfant reçoit un lot d’une valeur de 200 000 euros. En cumulant les abattements des deux parents (100 000 euros x 2), chaque enfant bénéficie de 200 000 euros d’abattement. Résultat : aucun droit de donation à payer, à condition que les abattements n’aient pas déjà été utilisés au cours des quinze dernières années.

Le rôle essentiel du notaire

La donation-partage est obligatoirement réalisée par acte notarié. Le notaire joue un rôle central : il conseille le donateur sur l’opportunité et les modalités de la donation, vérifie l’équilibre entre les lots, rédige l’acte, et procède à la publication foncière lorsque des biens immobiliers sont en jeu. Il calcule et perçoit les droits de donation pour le compte du Trésor public.

Au-delà de l’aspect juridique, le notaire est un médiateur qui veille à ce que chaque héritier soit traité équitablement, tout en respectant la volonté du donateur.

Donation-partage et démembrement : un duo efficace

Il est fréquent de combiner la donation-partage avec un démembrement de propriété. Le donateur transmet la nue-propriété de ses biens tout en conservant l’usufruit (le droit d’habiter le bien ou d’en percevoir les revenus). Au décès de l’usufruitier, la pleine propriété se reconstitue automatiquement entre les mains des enfants, sans aucun droit supplémentaire à payer. Cette stratégie permet de réduire l’assiette des droits de donation, puisque la valeur de la nue-propriété est inférieure à celle de la pleine propriété.

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